Communiqué de la CPCP à l'occasion de la mobilisation du 12 octobre 2005
Le 12 Octobre 2005, lors d’une grande journée de mobilisation du mouvement populaire colombien, plus de 700 000 travailleurs ont cessé le travail dans tout le pays. A Bogotá, plus de 250 000 personnes ont défilé dans les rues. Le profond mécontentement populaire s’est exprimé dans tout le pays. Les travailleurs des secteurs public et privé se sont fortement mobilisés, avec les syndicats, les organisations paysannes et indigènes, le mouvement estudiantin et toutes les organisations sociales, offrant une grande démonstration de la force des secteurs populaires.
Dans une exemplaire démonstration de dignité, les travailleurs
colombiens sont sortis dans la rue avec leurs slogans et leurs drapeaux
levés contre la réélection, contre l’ALCA, contre le Traité de Libre
Commerce (TLC) et contre le modèle néolibéral. Ces slogans demandaient
également une solution négociée au conflit armé et un accord pour un
Echange humanitaire. Les représentants de toutes les tendances ont
unanimement dénoncé l’agenda législatif, la Loi de Pardon et Oubli pour
les paramilitaires, les disparitions forcées, les violations des Droits
fondamentaux, la criminalisation de la contestation sociale, ainsi que
les menaces et les arrestations de dirigeants syndicaux, de leaders
paysans et de défenseurs des Droits humains. Les manifestants ont
rejeté l’assassinat comme méthode pour faire taire la dissidence.
Cette
mobilisation a eu lieu malgré les menaces et malgré la désinformation
diffusée par les médias et malgré la volonté d’intimidation provenant
de l’Etat. Les manifestations se sont déroulées dans un grand
enthousiasme et avec discipline, faisant face aux provocations et au
sabotage. Cependant la répression policière ne s’est pas faite
attendre. Les coups, les gaz, les balles en caoutchouc et les matraques
sont apparus en différents endroits du pays, où les militaires ont avec
indolence bloqué et offensé les marches pacifiques.
Nous dénonçons devant la communauté internationale :
La brutalité de la répression policière, notamment les attaques
contre les manifestants de Popayán et contre les étudiants à Bogotá.
· La répression démesurée contre les mobilisations indigènes dans le
Cauca et dans la région caféière, notamment l’assassinat par la police
du manifestant indigène MARCO SOTO.
· Nous demandons au gouvernement colombien la libération immédiate des manifestants emprisonnés le 12 Octobre 2005.
· Nous demandons à la communauté internationale de se joindre aux exigences de cette journée de protestation de dignité.
· Nous souhaitons également transmettre à l’ensemble du peuple
colombien notre solidarité et notre admiration pour cette démonstration
de courage, d’unité, de maturité face au défi d’un gouvernement
répressif et intransigeant.
CPCP. Paris, 17 octobre 2005
